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Fragments de réalités — Ateliers PJJ au Quartz

Journal d'une immersion par Abraham

Moi qui n'aime pas les restitutions car je trouve que cela fige trop le contenu des ateliers, je dois bien avouer que cette fois ça s'est avéré bénéfique...


Ces ateliers semblaient ne pas très bien commencer. Deux jeunes seulement le lundi, face à cinq adultes. Ce déséquilibre nous a fait réagir dès le lendemain, où six jeunes étaient présents : à part moi, il n'y aurait plus d'adultes lors des séances. L'impact vis à vis des jeunes est potentiellement trop grand. Tous ces regards ne favorisent pas l'expression, tout comme ces assurances présumées. L'équilibre nécessaire pour qu'ils puissent se sentir dans un climat bienveillant est extrêmement sensible.


Pour cette Session, j'ai décidé de me concentrer sur quatre disciplines : beatbox, danse, écriture (poésie comme dirait l'une d'entre eux), djing. Deux jeunes étaient présents lors de la session précédente en octobre. J'étais heureux de les retrouver et de rencontrer les quatre autres.

La glace s'est brisée au fil des jours. Ils ont fini par former un groupe très complémentaire et plutôt soudé. L'un d'eux, DJ attitré de la team, de plus en plus à l'aise avec les mots et le beatbox, passait cependant son tour en ce qui concerne la danse. Les trois autres jouaient le jeu quelle que soit la discipline. Un autre aura simplement touché un peu les platines lors d'une pause où nous nous étions retrouvés tous les deux. Tout comme le dernier du groupe, il a passé la plupart du temps sur son portable, assis à l'écart du groupe. Je n'avais pas à cœur de les forcer.

Le beatbox, en cercle, permet de travailler le sens du rythme, la coordination et la spontanéité, tout en restant très ludique. L’écriture, en passant par les rimes, les synonymes, la poésie, permet entre autres d’étoffer le vocabulaire, de travailler la concentration. Le djing permet de travailler écoute, sens du rythme, coordination, culture musicale... La danse permet de faire circuler colère et frustration, de libérer les émotions, et peut-être même la parole, en plus de toutes ses autres vertus bien connues. C'était aussi une façon de leur faire découvrir certains aspects du théâtre. Comment se comporter sur scène, l'écoute, la cohésion de groupe, l'improvisation, etc.. Quelques bases précieuses pour mieux comprendre cet univers.


Avec les quatre jeunes les plus investis, à partir de jeudi, forts de ce que nous avions traversé dans les différentes disciplines, nous avons commencé à construire quelque chose. Nous sommes partis de déambulations, faisant un lien avec le spectacle solo que je suis en train d'écrire, sur les hauts et les bas qu'on traverse dans la vie, et également d'un exercice de présence. Ils m'ont fait confiance et se sont impliqués d'une façon presque surprenante dans ce que je leur proposais. Le résultat (même si je ne l'ai pas vu car j'ai fait la restitution avec eux) s'est avéré touchant et assez réussi. Je pense que pour la plupart, ils ont fait un vrai effort pour se dépasser.


Ce qui me donne un sentiment de réussite, c'est toutes ces fois, où par de petites choses, des mots, des phrases, des mouvements, des attitudes, ils semblaient prendre davantage confiance en eux, et s'ouvrir, se dévoiler, alors que tout paraissait si verrouillé au départ. L'un d'entre eux a même oublié son téléphone en partant vendredi, ce qui semble fou, tant le portable est central dans leur quotidien. Cette image de tous les six, la tête vers le bas, prostrés sur leurs smartphones tous les jours avant que la séance ne démarre, m'a donné envie d'explorer cette thématique la prochaine fois. En tout cas au cours de ces après-midi, ils se sont éloignés de leur téléphones, c'est déjà ça... Je pense aussi que le fait que les jeunes soient revenus tous les jours à partir du mardi, est une petite victoire.


Merci à toute l'équipe pour cette session d'ateliers !.

 
 
 

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